27/10/2009

Archive 16 01 2009

Problème de sommeil.

Voici un article sur les problèmes de sommeil des enfants adoptés. Ceci me rassure de voir que cette situation est normale.

LE SOMMEIL DIFFICILE 
Auteur: Johanne Lemieux, travailleuse sociale et Jean-François Chicoine, pédiatre
Source : "L'enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi"
Éditeur : Les publications de l’Hôpital Ste-Justine
Date/pages : 2003

Presque tous les enfants présentent un quelconque problème de sommeil.  Les premiers mois, le sommeil entrecoupé par les repas du nourrisson entraîne souvent une fatigue incalculable chez les parents.  Dans les deux premières années, les pleurs incessants, les réveils nocturnes, le refus de dormir malgré toutes les péripéties imaginables de mise au lit, ont tôt fait d’installer un cycle inouï d'insomnies parentales et de débats conjugaux nocturnes sur les bonnes ou les mauvaises façons de s'y prendre pour que la « chose » dorme.  Ces difficultés finissent heureusement par disparaître.  À l’âge de trois ans environ, plusieurs enfants dorment en paix, mais certains ont encore besoin d’aide pour atteindre ce nirvana parental. 

 

Non seulement les parents adoptants ne sont pas épargnés, mais ils sont même particulièrement éprouvés.  C’est que les enfants adoptés ont un sommeil encore plus problématique que la moyenne des enfants.  On peut même affirmer que les enfants par adoption qui n'ont pas de problèmes de sommeil dans les premiers jours, les premières semaines ou mois après leur arrivée sont des exceptions.  Le petit nouveau attire une certaine pitié.  On continue de l’endormir dans le creux des bras.  On lui donne à boire ici et là pendant la nuit.  On le couche entre papa et maman.  On craint d’envenimer ses traumatismes.  On oublie de lui faire confiance, de lui redonner le pouvoir de s’endormir seul.  On choisit de passer la nuit sur la corde à linge et la journée à s’étendre.

 

Une nuit de sommeil normale est composée de phases précises.  Une vie de sommeil normal aussi est composée de phases précises.  Le sommeil n’est pas uniforme.  Pour sa part, le sommeil dit lent comporte plusieurs stades.  Quant au sommeil rapide ou paradoxal, qui intervient de façon cyclique, il s’accompagne de mouvements subtils des yeux et des rêves qui nourrissent le subconscient.  L’un et l’autre s’articulent avec des particularités au cours de la nuit, et au cours de la vie.  C'est le cerveau qui contrôle l’architecture du sommeil. 

 

Peuvent donc influencer les dodos, ces ancrages du passé, c'est-à-dire les mémoires à jamais imprimées.  S’être endormi dans les bras de sa maman biologique, puis s’être réveillé abandonné la nuit sur une place publique ou avoir pleuré de faim, de froid ou de mal pendant plusieurs nuits dans un lit d’orphelinat sont des ancrages qui laissent des traces chez un enfant adopté. 

 

Les habitudes de sommeil que l’enfant avait avant son adoption peuvent aussi rendre la transition difficile.  Il couchait sur une natte, il se retrouve maintenant dans un lit moelleux.  Il dormait dans une pièce où les fenêtres donnaient sur une rue bruyante, il est maintenant inondé de silence.  Il dormait avec sa nounou, il dort maintenant seul.  Il faisait toujours chaud et humide, il fait maintenant sec et plutôt frais. 

 

20:54 Écrit par Pascaline | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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